JOURNAL DE GYNÉCOLOGIE OBSTÉTRIQUE & MÉDECINE FOETALE

JOURNAL OF GYNECOLOGY OBSTETRICS & FETAL MEDICINE


ISSN: 1737-6661


JOURNAL DE GYNÉCOLOGIE OBSTÉTRIQUE & MÉDECINE FOETALE
EDITORIAL
UNE NOUVELLE ANNÉE

Monia Ferchiou Cherif

En 2020, le JGOMF n’a pas dérogé à sa vocation centrale : la diffusion des savoirs et des connaissances ; elle a été fortement orientée sur les recommandations et sur les procédés ettechniques de prise en charge des patients et patientes dans l’environnement de la pandémie du COVID19. Ceci tout en étant garant de la validité scientifique du contenu des articles et en veillant au bon déroulement du processus d’expertise. Je remercie notre indéfectible équipe de la rédaction, nos fidèles et infatigables reviewers, ainsi que tous les auteurs pour leur collaboration. Continuer d’offrir également une plateforme de publication aux auteurs hors des normes éditoriales classiques et courantes ainsi qu’aux jeunes auteurs pour une visibilité de leurs travaux de recherche, reste la philosophie de notre ligne éditoriale. Dans le contexte sanitaire difficile du COVID 19, qui occupe la première place de l’actualité scientifique mondiale, la continuité des soins des pathologies lourdes et urgentes est une préoccupation majeure de la communauté médicale. Ce numéro est consacré aux difficultés auxquelles sont confrontés les personnels de santé dans la prise en charge des femmes enceintes sur le continent africain. D’après l’analyse des auteurs, les obstacles sont structurels, systémiques et culturels malgré une sensible amélioration des politiques de santé pour la réduction de la mortalité maternelle et l’effort consenti à appliquer les recommandations de l’OMS. Des réponses sont proposées, souvent simples, adaptées à la région, loin des avancées scientifiques de pointe et de leurs financements inatteignables aujourd’hui dans ces régions. Ces articles nous plongent dans une réalité dure, pleine de paradoxes et de drames humains, dans une submersion de la mission des soins avec ou sans coronavirus. Bonne lecture.
In 2020, the JGOMF has not left its central purpose: the spreading of knowledge. It was strongly oriented towards recommendations and technical processes surrounding the care for COVID19 patients; all the while vouching for the scientific validity of all published content and the quality of the expertise process. I thank our unwavering redaction team, and our faithful, tireless reviewers, as well as all the authors for their collaboration. Continuing to offer a publishing platform to authors working outside of conventional editorial norms as well as younger authors seeking visibility for their research remains a principle of our editorial strategy. In the context of the COVID19 pandemic that maintains a forefront position in the trending scientific and medical topics, the continuity of care for urgent or critical pathologies is a major concern in the medical community. This issue is dedicated to the difficulties that medical personnel face while caring for pregnant patients on the African continent. According to the analysis of our authors, the obstacles are of a structural, systemic and cultural nature, despite a certain improvement of the health policies for the reduction of maternal mortality rates as well as the effort to enforce the WHO recommendations. Solutions are envisioned, mostly simple and locally adapted, a far cry from the scientific advances that seem financially unrealistic in the region. Those articles delve into a harsh reality, full of paradoxes and human tragedy, in immersion within the duty to heal with or without the looming coronavirus. Wishing you a pleasant reading.
ARTICLES ORIGINAUX
PERTINENCE DE L’ÂGE OSSEUX ECHOGRAPHIQUE POUR L’ESTIMATION DE L’ÂGE GESTATIONNEL

S. Jouou, N. M. Bouyahia, M. Ferchiou Cherif

Introduction : Le problème de datation tardive des grossesses est toujours d’actualité. Les points d’ossification apparaissent chez le fœtus au troisième trimestre de la grossesse. Leur présence et taille évoluent avec le terme. L’objectif de ce travail était de chercher la concordance entre l’âge osseux fœtal estimé à partir des points d’ossification et l’âge gestationnel réel confirmé par une échographie T1 ou celle d’une grossesse issue d’aide médicale à la procréation (AMP). Méthode : Il s’agissait d’une étude prospective, descriptive, transversale mono centrique qui s’est déroulée au service de gynécologie obstétrique et de médecine de la reproduction de l’hôpital Aziza Othmana. Notre travail a inclus 51 patientes enceintes à un terme supérieur à 28 semaines d’aménorrhée dont le terme a été validé. Résultats : Le nombre et la taille des points d’ossification augmentaient avec l’âge gestationnel avec une meilleure corrélation pour le point fémoral inferieur r=0,612. Les points fémoraux avaient la plus faible dispersion r2=0,58. Nous avons trouvé que le point d’ossification fémoral avait une forte corrélation pour l’estimation de l’âge gestationnel entre 28 et 32 SA, entre 32SA et 32SA+6J et entre 36 et 38 SA Pour le point d’ossification tibial, il avait une bonne corrélation pour estimer l’âge gestationnel entre 33 et 35 SA+6j. Enfin, le point huméral offrait une bonne corrélation pour l’estimation de l’âge gestationnel entre 32 SA et 32 SA+6j En combinant ces 3 âges osseux, nous avons trouvé une forte corrélation entre l’âge osseux calculé et l’âge gestationnel (r=0,810 et p<0,001). Par contre, l’âge gestationnel n’était pas corrélé à l’âge échographique (p=0,067) ni à l’âge osseux combiné à l’âge échographique (p=0,145). Le sexe fœtal et l’âge maternel ne semblaient pas influencer la maturation osseuse fœtale. Conclusion : L’échographie est un outil performant pour l’estimation de l’âge osseux qui semble être corrélé à l’âge gestationnel. Cependant, il faudra avoir un échantillon plus important et des études multicentriques pour pouvoir établir un référentiel adapté à notre population.
Background: The problem of late dating of pregnancies is still relevant. The ossification points appear in the fetus in the third trimester of pregnancy. Their presence and size change with the term. The aim of this study was to seek the concordance between the fetal age determination by skeleton estimated from the points of ossification and the actual gestational age confirmed by a T1 ultrasound or that of a medically assisted procreation (MAP) pregnancy. Methods: This was a prospective, descriptive, cross-sectional mono-center study that took place in the obstetric gynecology and reproductive medicine department of the Aziza Othmana Hospital. Our work included 51 pregnant patients between 30 and 38 weeks whose term was validated by T1 ultrasound or as part of AMP pregnancy. Results: The number and size of bone points increased with gestational age with a better correlation for the femoral point (r = 0.612). The femoral points had the lowest dispersion (r2 = 0.58). The femoral point had a strong correlation in estimating gestational age between 28 and 32 weeks, between 32 and 32 weeks + 6 days and between 36 and 38 weeks. For the tibial point, it had a good correlation between 33 and 35 WA + 6 days. Finally, the humeral point offered a good correlation between 32 WA and 32 WA + 6 days By combining these 3 bone ages, we found a strong correlation between calculated bone age and gestational age (r = 0.810 and p <0.001) In contrast, gestational age was not correlated with ultrasound age (p = 0.067) or bone age combined with ultrasound age (p = 0.145). Fetal sex and maternal age did not appear to influence fetal bone maturation. Conclusion: Ultrasound is a powerful tool for estimating bone age, which appears to be correlated with gestational age. However, it will be necessary to have a larger sample and multicenter studies to be able to establish a benchmark adapted to our population.
ACCESSIBILITE A L’INTERVENTION CESARIENNE : EVALUATION DE L’IMPACT SUR LA MORBIDITE ET LA MORTALITE MATERNELLE ET FŒTALE

M. K. Camara; A. Camara; D. W. A. Leno

Objectifs : Évaluer l’impact de la subvention accordée par l’État sur l’accessibilité de la césarienne et sur le pronostic maternel et fœtal à l’hôpital régional de Kankan. Méthodologie : Il s’agit d’une étude analytique d’observation du groupe de parturientes césarisées durant une période de 6 mois en 2013, la décision de la subvention de la césarienne étant appliquée, comparé à un groupe de césariennes réalisées un an avant l’application de la subvention en 2010, pris comme témoin. Les variables étudiées étaient le taux de césariennes, la domiciliation des parturientes, le mode d’admission, le délai d’attente de prise en charge, les indications et le pronostic maternel et néonatal. L’analyse a permis de comparer les variables par le test de X2 de Pearson ou de Ficher et les différences observées étaient significatives si p≤ 5% à l’aide des logiciels Epi info 3 .5. 1, et SPSS. Résultats : Un an avant d’être subventionné, le taux de césarienne était de 17, 43% (64/370 accouchements), versus 17,0% (45/266 accouchements) en six mois d’application de sa subvention. Cette subvention avait un lien statistique avec les indications opératoires, le type de césarienne et le pronostic maternel et fœtal. Le ratio de mortalité maternelle était de 7% dans le groupe d’étude versus 8% dans le groupe témoin et celui fœtal de 36% versus 38%. Conclusion : La subvention de la césarienne a permis d’améliorer l’accès à la césarienne, la qualité des soins et le pronostic maternel et néonatal.
Objective: The objective of this study was to evaluate the impact the subsidy granted by state on the access of the caesarean section and on the maternal and neonatal prognosis in the regional hospital of Kankan. Methodology: It’s about an analytical observational study of the group of caesarean women during a six-months period in 2013, the decision to susidize the caesarean being applied, compared to a group of caesarean performed on year before the onset in 2010, taken as a witness. The varying studied was the caesarean rate, the origin, admission way, the waiting period for treatments and the results on the mothers and children prognosis. The analysis permitted to compare the variables through a test of X2 of Pearson or Ficher and the differencies noticed were significant. If p < 5% Epi software info 3.5.1 and SPSS. Results: The rate of caesarean was at a year before being subsidized at 17.43%(64/370 birth) versus (vs) 17.0 (45/266 birth) during 6 months of the application of its subsidy. The subsidy had a statistic link with the caesarean indications, the type of caesarean and maternal and fetal prognosis. The rate of ratio in the maternal at 7% versus 8% and neonatal ratio at mutually at 36% versus 38%. Conclusion: The subsidy of free of charge caesareans permitted to improve the access in caesarean care, the quality of treatments and the maternal and neonatal forcast.
CESARIENNES PROPHYLACTIQUE ET D’URGENCE : ETUDE COMPARATIVE À PROPOS DE 718 OBSERVATIONS

I. S. Balde; C.R.Adjoby; O.Balde; F.B.Diallo; I.Sylla; M.N.Mamy; O.Sow; A.B.Barry;

Objectifs : Comparer la fréquence, les caractéristiques socio démographiques, les indications, le pronostic materno-foetal et la classification de Robson des césariennes prophylactique et d’urgence. Méthode : Il s’agit d’une étude comparative portant sur les césariennes prophylactique et d’urgence à la maternité de l’Hopital National Ignace Deen. Elle est prospective, descriptive et analytique d’une durée de 12 mois (1er Juillet 2016 au 30 juin 2017). Résultats : Les césariennes prophylactiques avaient représenté 12,51% des césariennes et 3,96% des accouchements dans le service. La césarienne prophylactique avait concerné des gestantes âgées de 20 à 29 ans, de niveau d’instruction supérieur (51,54%), mariées (92,76%) salariées (56,83%) et dont la visite prénatale était assurée par un obostétricien (73,54%). Tandis que la césarienne d’urgence intéressait des parturientes âgées de 20 à 34 ans en majorité, non scolarisées (36,49%), transférées (80,22%) et nullipares (58,5%). Les indications opératoires étaient principalement l’utérus cicatriciel (32,32%) et les pathologies maternelles (18,11%) en prophylaxie, les hémorragies du dernier trimestre (25,90%) et la souffrance fœtale aigue (20 ,33%). Les groupes 6 et 5 de la classification de Robson étaient les plus représentés avec une morbidité de 2, 23% et une létalité maternelle nulle en prophylaxie versus les groupes 5 et 6 avec une morbidité de 10,03% et une létalité maternelle de 1,67% en urgence. Conclusion : L’amélioration de ce pronostic passerait par une augmentation de la fréquence des césariennes prophylactiques.
Objectives: To compare the frequency, socio-demographic characteristics, indications, fetal maternal prognosis and Robson classification of prophylactic and emergency caesarean sections. Methods: This was a comparative study of prophylactic and emergency caesarean sections in the maternity of Ignace Deen national hospital. It was descriptive and analytical for 12 months (July 1, 2016 to June 30, 2017). Results: Prophylactic caesarean sections accounted for 12, 51% of caesarean sections and 3.96% of deliveries in the service. Prophylactic caesarean section involved gestants aged 20 to 29 years, higher education level (51.54%), married (92.76%) employee (56.83%) prenatal visit was provided by the obstetrician (73.54%). While the emergency caesarean section was of interest to parturients aged 20 to 34 years, mostly non-schooled (36.49%), evacuated (80.22%) and nulliparous (58.5%). Surgical indications dominated by scarring uterus (32.32%) and maternal pathologies (18.11%) prophylaxis; bleeding in the last quarter (25.90%) and SFA (20, 33%) in an emergency. Groups 6 and 5 of the Robson classification were the most represented with a morbidity of 2, 23% and a maternal lethality of zero in prophylaxis versus those 5 and 6 with a morbidity of 10.03% and a maternal lethality of 1.67% in emergency. Conclusion: Improving this prognosis would result in an increase in the incidence of prophylactic caesarean sections.
EVOLUTION DE LA MORTALITE MATERNELLE DANS UN HÔPITAL REGIONAL DE 2ème REFERENCE AU MALI SUR 5 ANS ET DEMI

M.Diassana1; B.Macalou; S.Dembele; A.Sidibe; A.Hamidou; D.Diarra; A.Bocoum; S.Fane; I.Teguete; Y.Traore

Introduction : La mortalité maternelle est « le décès d’une femme survenu au cours de la grossesse ou dans un délai de 42 jours après sa terminaison, quelle qu’en soit la durée ou la localisation, pour une cause quelconque, déterminée ou aggravée par la grossesse ou les soins qu’elle a motivé, mais ni accidentelle, ni fortuite » [1-2]. Le but de cette étude était d’étudier la mortalité maternelle dans le service de gynécologie et d’obstétrique à l’Hôpital Fousseyni Daou de Kayes sur une période de 5 ans et demi. Matériels et méthodes : Il s’agissait d’une étude descriptive, transversale, couvrant une période de 5 ans et demi ; allant du 01 août 2014 au 31 décembre 2017 et prospective sur deux ans, allant du 01 Janvier 2018 au 31 Décembre 2019, portant sur toutes les femmes admises et décédées en période gravido-puerpérale dans le service de gynécologie obstétrique de l’Hôpital Fousseyni Daou de Kayes. La saisie des données a été effectuée sur le logiciel Microsoft Office World 2010. Le traitement et l’analyse des données statistiques ont été effectués grâce au logiciel SPSS 20.0. La confidentialité et l’anonymat ont été respectés. Résultats : Nous avons enregistré 198 cas de décès maternels. La tranche d’âge 20-35 ans (58,6 %) et les grandes multipares (24,4 %) étaient les plus touchées. Les principaux facteurs de risques retrouvés sont : certaines pratiques néfastes, absence de consultation prénatale (63,6 %) et défaillance de la coordination du transfert des patientes. Les principales causes retrouvées sont : L’éclampsie (23,23%), l’anémie (16,16%), l’hématome rétro placentaire (15,15%), l’hémorragie contemporaine de la délivrance (9,1%), l’hémorragie de la délivrance (4,45%), la septicémie (10,10%). Ainsi Les causes obstétricales directes ont représenté 72,22% des causes du décès. Les décès ont eu lieu en ante-partum 4,5% (9 cas), en per-partum 34,84% (69 cas), dans le post-partum à 60,6% (120 cas). Dans notre étude 31,3% des patientes ont séjourné plus de 24h dans le service avant le décès et 40,4% des nouveau-nés des patientes décédées étaient vivants. Conclusion : Dans notre contexte, la mortalité maternelle reste malgré tous les efforts, une grande tragédie humaine qui affecte tant au niveau individuel, familial que social. Nos principales causes sont celles retrouvées par la plupart des études africaines à savoir l’éclampsie, l’hématome retro-placentaire, les hémorragies du post partum, l’anémie et la septicémie. La mortalité maternelle loin d’être une fatalité, pourrait être réduite considérablement avec des approches telles que les Soins Obstétricaux et Néonataux d’Urgences (SONU) efficaces et les audits de décès maternels. Il s’agit donc d’un défi à relever.
Introduction: Maternal mortality is « the death of a woman occurring during pregnancy or within 42 days of its terminaison, regardless of the duration or location, from any cause, determined or aggravated by the pregnancy or the care it motivated, but neither accidental nor fortuitous » [1-2]. The aim of this study was to study maternal mortality in the gynecology and obstetrics department at Fousseyni Daou hospital in Kayes over a period of 5 and a half years. Materials and methods: it was a descriptive, cross-sectional study covering a period of five and a half years ; ranging from august 1, 2014 to decembre 31, 2017 and prospective over two years, ranging from january 1, 2018 to decembre 31, 2019. Concerning all the women admitted and deceased during the pregnancy-puerperal period in the gynecology and obstetrics department of the Fousseyni Daou hospital in Kayes. Data entry was performed using Microsoft office world 2010 softwarethe processing and analysis of statistical data was carried out using the SPSS 20.0 software. Confidentiality and anonymity have been respected. Results: we recorded 198 cases of maternal deaths. The 20-35 age group (58,6%) and large multiparas (24,4%) were the most affected. The main risk factors found are: certain harmful practices, absence of antenatal consultation (63,6%) and the failure of the referral/assessment systèm. The main causes found are: eclampsia (23,23%), anemia (16,16%), retroplacental
FAITS ET ARGUMENTS
LETTRE À LA RÉDACTION
EPIDÉMIOLOGIE ET PRONOSTIC DE L’ANÉMIE ASSOCIÉE À LA GROSSESSE : ÉTUDE PROSPECTIVE À PROPOS DE 114 CAS

M.M.Niang;S.Mohtadi; C.T.Cisse

Objectifs : faire une analyse situationnelle concernant l’association anémie et grossesse pour mettre à jour son épidémiologie, préciser et apprécier les résultats de sa prise en charge dans un hôpital à Dakar. Patientes et méthodes : Il s’agissait d’une étude prospective, descriptive et analytique de type cas-témoins menée sur une période de 12 mois. Les cas étaient constitués par les femmes enceintes anémiées et les témoins étaient représentés par les gestantes non anémiées suivies dans le Service pendant la même période. L’exploitation statistique des données a été effectuée par le biais du logiciel Sphinx Plus2 Edition Lexica version 5.1.0.2. Les tests statistiques utilisés ont été le Fischer et le Khi-deux. Résultats : Parmi les 274 gestantes prises en charge durant la période d’étude, 123 étaient anémiées, soit une prévalence de 44,9 %. Le profil épidémiologique est celui d’une femme âgée en moyenne de 28 ans, pauci-geste (40,4 %), nullipare (39,5 %), ayant un niveau socio-économique moyen (58,8 %) et un régime alimentaire souvent incomplet composé d’un à deux repas par jour (48,2 %). Dans la moitié des cas, le diagnostic de l’anémie a été établi relativement tôt au cours du premier trimestre de la grossesse. Le profil biologique est celui d’une anémie majoritairement normochrome normocytaire (59,6 %) et modérée (70,2 %). Au cours de la surveillance biologique, une normalisation du taux d’hémoglobine a été notée chez 51,8% des gestantes : après 8 semaines de traitement pour 1 gestante sur 10, après 14 à 18 semaines pour 6 gestantes sur 10 et après 26 semaines pour 3 sur 10. Par contre, le taux d’hémoglobine est resté inchangé ou a baissé chez 48,2% des gestantes. Le pronostic maternel a été globalement favorable ; il en est de même pour le pronostic périnatal malgré l’existence de 10, 5% de nouveau-nés ayant présenté une hypotrophie. Conclusion : L’anémie au cours de la grossesse est une pathologie très fréquente dans notre pratique. Son dépistage précoce et la systématisation de sa prévention contribuent à l’amélioration de son pronostic. Pour être plus efficace, cette approche devrait être étendue à la période pré-conceptionnelle et à toutes les femmes en âge de reproduction.
Objectives: To carry out a situational analysis concerning the association of anemia and pregnancy, to update its epidemiology, specify and assess the results of its treatment in a hospital in Dakar. Patients and methods: This was a prospective, descriptive and analytical case-control study conducted over a period of 12 months. The cases were constituted by anemic pregnant women and the « control » were represented by non-anemic pregnant women followed in the Service during the same period. Statistical analysis of the data was performed using Sphinx Plus2 Edition Lexica software version 5.1.0.2. The statistical tests used were the Fischer and the Chi-square. Results: Among the 274 pregnant women treated during the study period, 123 were anemic, representing a prevalence of 44.9%. The epidemiological profile is that of a woman with an average age of 28, paucigest (40.4%), nulliparous (39.5%), with a moderate socio-economic level (58.8%) and a diet often incomplete consisting of one to two meals per day (48.2%). In half of the cases, the diagnosis of anemia was made relatively early in the first trimester of pregnancy. The biological profile is predominantly an normochromic, normocytic (59.6%) and moderate (70.2%) anemia. During biological monitoring, a normalization of the hemoglobin level was noted in 51.8% of pregnant women: after 8 weeks of treatment for 1 in 10 pregnant women, after 14 to 18 weeks for 6 out of 10 pregnant women and after 26 weeks for 3 out of 10. On the other hand, the hemoglobin level remained unchanged or fell in 48.2% of pregnant women. The maternal prognosis was generally favorable; it was the same for the perinatal prognosis despite the existence of 10.5% of newborns who presented an hypotrophy. Conclusion: Anemia during pregnancy is a very common pathology in our practice. Its early detection and systematic prevention help improve its prognosis. To be more effective, this approach should be extended to the preconception period and to all women of reproductive age.